Bas de porte : boudin, joint balai ou plinthe automatique ?
Sous une porte d’entrée, il subsiste presque toujours un jour. Il est nécessaire au montage, et il devient une fuite dès que la porte donne sur l’extérieur ou sur une cage d’escalier non chauffée. Un centimètre sur quatre-vingts de large, cela fait quatre-vingts centimètres carrés d’ouverture franche, en permanence.
Trois familles de solutions se partagent le rayon, et elles ne règlent pas le même problème.
Le boudin, la solution qu’on déplace
Le boudin est un tube de tissu rempli de mousse ou de sable, que l’on pose contre le bas de la porte. Il coûte quelques euros, ne s’installe pas, ne s’abîme pas, et fonctionne parfaitement tant qu’il est au bon endroit.
C’est aussi sa limite. À chaque ouverture il se déplace, et il faut le remettre. Les modèles à double boudin, reliés par une bande qui coulisse sous la porte, suivent le mouvement et résolvent en partie le problème, au prix d’un frottement permanent sur le sol. Le boudin convient à une porte peu utilisée, à une chambre donnant sur un couloir froid, à un usage saisonnier. Il ne convient pas à une porte d’entrée qui s’ouvre vingt fois par jour.
Le joint balai, la solution qu’on visse
Le joint balai, ou joint brosse, est une baguette fixée en bas du battant, garnie de fibres souples qui viennent frotter le sol. Il suit la porte, ne se déplace jamais, et franchit sans dommage les petites irrégularités du seuil. On le visse ou on le colle, on le recoupe à la largeur, l’affaire prend un quart d’heure.
Il tolère bien la moquette et les sols irréguliers, précisément parce que la brosse se déforme. En contrepartie, une brosse laisse toujours passer un peu d’air : elle freine le courant, elle ne le supprime pas. Sur une porte d’entrée exposée au vent, on lui préférera un joint à lèvre souple, plus étanche mais qui exige un seuil plan et propre.
La plinthe automatique, la solution qui se relève
La plinthe automatique escamotable est encastrée ou vissée sous le battant. À la fermeture, un poussoir rencontre le dormant et fait descendre un joint qui vient plaquer contre le sol ; à l’ouverture, le joint remonte et ne touche plus rien.
C’est de loin le meilleur compromis, et le seul qui procure une véritable étanchéité sans frottement permanent. Le joint ne s’use pas puisqu’il ne racle jamais, la porte ne force pas, et l’étanchéité à l’air est bien supérieure à celle d’une brosse. Deux réserves : le prix, plusieurs fois celui d’un joint balai, et l’exigence d’un sol plan, car le joint descend d’une hauteur fixe. Sur un carrelage bombé ou un parquet gondolé, il ferme d’un côté et pas de l’autre.
Comment choisir, concrètement
Mesurez d’abord le jour, porte fermée, avec une cale ou une simple pièce de monnaie, aux deux extrémités et au milieu. Si l’écart entre les trois mesures dépasse quelques millimètres, votre sol n’est pas plan et la plinthe automatique est à écarter. Si le jour est régulier et que la porte donne sur l’extérieur, c’est elle qu’il faut.
Entre les deux, le joint balai règle la majorité des cas, pour un coût dérisoire. Et si le jour dépasse deux centimètres, aucun de ces produits ne suffira : c’est la porte qui est mal posée ou le seuil qui manque, et il faut reprendre la cause plutôt que le symptôme. Ce réflexe vaut pour l’ensemble des défauts d’étanchéité du logement, où l’on gagne toujours à comprendre l’origine du défaut avant de le masquer.
Ne vous arrêtez pas au bas de la porte
Une fois le seuil traité, passez la main sur le pourtour du battant, côté charnières et côté serrure. Sur une porte ancienne, le joint périphérique est souvent écrasé, durci, ou tout bonnement absent, et il laisse passer autant d’air que le bas. Un joint mousse adhésif dans la feuillure, quelques euros, complète le travail.
La même vérification s’impose sur la trappe des combles, sur la porte de cave et sur celle du garage. Ce sont les mêmes défauts, aux mêmes endroits, pour les mêmes raisons, et ils forment ensemble la liste des fuites que personne ne traite.
