Isoler le plafond du garage : la pièce du dessus vous dira merci

Isoler le plafond du garage : la pièce du dessus vous dira merci

Un garage non chauffé sous une chambre, et vous avez une grande paroi froide directement sous le plancher où vous marchez pieds nus. C’est l’un des chantiers d’isolation de plancher bas les plus rentables d’une maison, parce qu’il se fait par le dessous, sans toucher à la pièce du dessus et sans lui prendre un centimètre de hauteur.

La difficulté n’est pas thermique. Elle est géométrique.

Coller ou visser, et sur quoi ?

Isolation d'un plafond de garage : fixation dans les nervures et remontée sur les murs Pièce chauffée Hourdis le creux ne tient pas une cheville Isolant Chevilles dans les nervures pas dans le creux du hourdis Remonter l'isolant sur 40 cm la dalle traverse le mur : le pont thermique n'est pas supprimé, il est allongé
Les chevilles tiennent dans les nervures du hourdis, jamais dans le creux.

Sur une dalle béton plane, des panneaux rigides collés au mortier adhésif font parfaitement l’affaire. On encolle en plein ou par plots serrés, on plaque, on cale le temps de la prise. C’est rapide, propre, et rien ne dépasse.

Sur un plafond irrégulier, sur des hourdis, ou dès qu’il faut supporter un peu de poids, les chevilles à frapper deviennent indispensables. Comptez cinq fixations par panneau, en périmètre et au centre. Attention aux hourdis creux : une cheville qui débouche dans le vide ne tient rien. On repère les nervures porteuses en tapotant, et on fixe dedans. C’est le point qui distingue un plafond qui tient dix ans d’un plafond qui se décolle en deux hivers.

Que faire des gaines, des tuyaux et des poutres ?

Ils sont l’ennemi du travail propre, et ils sont partout. Une gaine électrique qui court sous la dalle, une évacuation en attente, une retombée de poutre au milieu du garage : chacun impose une découpe, et chaque découpe imprécise laisse un jour par lequel la chaleur file.

Deux stratégies existent. Soit vous découpez l’isolant au plus juste autour de chaque obstacle, ce qui demande du temps et une lame bien affûtée, soit vous descendez le plan d’isolation sous les obstacles, avec une ossature, et vous isolez tout d’un trait. La seconde solution est plus performante et plus rapide, mais elle mange la hauteur de passage du véhicule. Mesurez cette hauteur avant de décider, garage vide et voiture au milieu : un panneau de cent millimètres plus une plaque, et le hayon ne s’ouvre plus.

Faut-il un pare-vapeur ?

Le raisonnement surprend souvent. Le côté chaud est ici le plancher du dessus, donc au-dessus de l’isolant, inaccessible. On ne peut pas y poser de membrane, et ce n’est en général pas nécessaire : une dalle béton est déjà très peu perméable à la vapeur, et le garage, ventilé, ne concentre pas l’humidité.

En revanche, si votre garage est humide, si vous y séchez du linge ou si une porte donne sur un jardin détrempé, choisissez un isolant à cellules fermées, insensible à l’eau. Une laine minérale nue collée à un plafond de garage humide se gorge lentement, s’affaisse et perd sa performance sans que personne ne s’en aperçoive, puisque personne ne regarde le plafond de son garage. Les mêmes règles valent pour l’ensemble des planchers bas.

Le détail que tout le monde oublie

La jonction entre le plafond et les murs. L’isolant s’arrête au mur, et sur les vingt derniers centimètres, la dalle continue vers l’extérieur en traversant le mur périphérique. C’est un pont thermique en périphérie de toute la pièce du dessus, et il représente une part notable de la déperdition restante.

On l’atténue en remontant l’isolant sur les murs du garage, sur une quarantaine de centimètres au minimum. Le geste coûte quelques panneaux et cinq minutes de découpe. Il ne supprime pas le pont thermique, il l’allonge, ce qui suffit à en réduire fortement l’effet. Et pendant que vous y êtes, vérifiez la porte de garage et le bas de porte : ils laissent souvent passer davantage d’air froid que le plafond ne laissait passer de chaleur.