Simulateur DPE : quelle classe après vos travaux d’isolation ?

1. Votre logement aujourd’hui

Le type de mur fixe son coefficient de départ : isoler de la pierre rapporte moins que du béton, elle partait de moins loin.

2. Les travaux que vous envisagez

Cochez les travaux, indiquez les surfaces : la classe estimée et le budget suivent.

Cochez les travaux, la lettre bouge. Le principe est simple, mais le résultat mérite quelques explications, parce que la plupart des simulateurs vous mentent sur deux points.

Voici comment celui-ci calcule, et ce qu’il refuse de faire.

Pourquoi le fioul bloque votre classe

Le DPE ne donne pas une note, il en donne deux. Une étiquette énergie, en kilowattheures par mètre carré et par an, et une étiquette carbone, en kilos de CO2. La classe affichée sur l’annonce immobilière est la plus mauvaise des deux.

Un logement chauffé au fioul émet 0,324 kilo de CO2 par kilowattheure consommé, contre 0,227 pour le gaz et 0,079 pour l’électricité. Vous pouvez isoler ce logement jusqu’à faire chuter sa consommation, l’étiquette carbone plafonnera le résultat. Essayez : passez le chauffage sur fioul dans le simulateur, vous verrez la lettre cesser de bouger avant les autres. Ce n’est pas un défaut de l’outil, c’est la règle.

Par l’intérieur ou par l’extérieur : ce n’est pas équivalent

À résistance égale sur la partie courante du mur, les deux techniques isolent pareil. Tout se joue sur les ponts thermiques de liaison, là où un plancher ou un refend traverse le mur.

La méthode réglementaire les chiffre, et le verdict est net. Pour la liaison entre un plancher intermédiaire et un mur, le coefficient vaut 0,86 watt par mètre et par kelvin quand le mur n’est pas isolé. Isolé par l’intérieur, il monte à 0,92 : l’ITI aggrave le pont, parce que le plancher continue de traverser l’isolant et que le mur, désormais froid, conduit d’autant mieux. Isolé par l’extérieur, il tombe à 0,13. Divisé par près de sept. Le constat se répète sur les refends : 0,73 sans isolation, 0,82 par l’intérieur, 0,13 par l’extérieur.

Le simulateur en tient compte, et vous verrez l’écart apparaître dès que vous passez le logement à deux niveaux. Sur un plain-pied, il n’y a pas de plancher intermédiaire, et les deux techniques se rejoignent presque. Une nuance que peu de comparatifs mentionnent : l’isolation par l’extérieur dégrade la liaison avec un plancher bas ou un plancher haut resté non isolé, de 0,39 à 0,49 dans le premier cas. Le bilan lui reste largement favorable, mais elle ne fait pas de miracle sur une paroi qu’on laisse nue.

Notre calcul ne modélise ni les refends ni les liaisons de menuiseries, faute de pouvoir estimer leurs longueurs sans inventer. L’avantage réel de l’isolation par l’extérieur est donc plus grand que celui qu’affiche l’outil. Ce qui ne règle pas la question du prix : à gain thermique comparable, elle coûte deux à trois fois plus cher, comme le montre le budget affiché.

Changer de chauffage pèse souvent plus lourd qu’isoler

Essayez : laissez les travaux cochés, et passez le chauffage après travaux du gaz à la pompe à chaleur. La lettre bouge davantage qu’en ajoutant une paroi. C’est logique, et c’est double.

D’abord parce qu’une pompe à chaleur restitue plusieurs kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé, là où une chaudière en perd une partie. Ensuite parce que l’électricité émet 0,079 kilo de CO2 par kilowattheure, contre 0,324 pour le fioul : l’étiquette carbone s’effondre. Une maison au fioul qui restait bloquée par son bilan carbone se débloque d’un coup.

Attention toutefois : le budget affiché ne chiffre que l’isolation. Nous n’avançons pas de prix pour une pompe à chaleur ou une chaudière, faute de source publique aussi solide que l’étude de l’ADEME sur l’isolation.

Le chiffre que presque tous les simulateurs ont faux

Pour convertir l’électricité consommée en énergie primaire, la réglementation appliquait un coefficient de 2,3. Depuis le 1er janvier 2026, il est de 1,9. Un logement électrique voit donc son étiquette énergie s’améliorer mécaniquement d’environ 17 %, sans qu’on ait posé le moindre centimètre d’isolant.

Beaucoup d’outils en ligne calculent encore avec 2,3 et affichent des classes trop sévères. Celui-ci utilise 1,9. C’est vérifiable : arrêté du 13 août 2025, article 2, entrée en vigueur au 1er janvier 2026.

Ce que ce simulateur ne calcule pas

Il estime uniquement la baisse des déperditions par les parois que vous cochez. Il ignore la ventilation, l’eau chaude sanitaire, les ponts thermiques, les apports solaires, l’inertie du bâti. Ce sont précisément les postes que la méthode réglementaire, elle, calcule sur cent quarante pages.

Autrement dit, la lettre affichée est un ordre de grandeur, pas un diagnostic. Comptez une classe d’incertitude dans les deux sens. Et surtout : seul un diagnostiqueur certifié, avec un logiciel validé par l’État, produit un DPE opposable, celui qui compte pour une vente, une location ou un audit.

D’où viennent les chiffres

Les seuils des classes viennent de l’annexe 5 de l’arrêté du 31 mars 2021. Les facteurs d’émission de l’annexe 4 de l’arrêté du 15 septembre 2006. Les coefficients de transmission des parois non isolées et les degrés-heures de chauffage par région viennent de la méthode 3CL-DPE 2021, l’annexe technique du DPE. Un mur en parpaing non isolé laisse passer 2,8 watts par mètre carré et par kelvin, un rampant de toiture 2,5.

Les rendements de chauffage sont les seules valeurs composées : nous combinons les rendements par défaut de génération, d’émission, de distribution et de régulation de la méthode. C’est un ordre de grandeur, assumé comme tel.

Et le budget ?

Il provient des prix médians relevés par l’ADEME, comme sur notre page consacrée au prix de l’isolation au mètre carré. Ces montants datent de 2017-2018, sont hors taxes et pose comprise. Ils situent un ordre de grandeur, ils ne remplacent pas un devis.

Pour affiner vos surfaces avant de demander un chiffrage, utilisez le calculateur de surface de toiture et celui des surfaces de murs. Pour choisir l’épaisseur à poser, le calculateur d’épaisseur convertit la performance visée en millimètres.