Prix de l’isolation au m² : ce que disent les chiffres publics

Quels travaux, et sur quelle surface ?

Pour connaître vos surfaces, passez par le calculateur de toiture ou celui des murs.

Personne ne peut vous donner le prix de vos travaux d’isolation depuis un écran. Il dépend de l’accès à la paroi, de la région, de l’état du support et du carnet de commandes de l’entreprise. Ce que l’on peut faire, en revanche, c’est vous donner l’ordre de grandeur constaté sur des milliers de chantiers réels, et vous dire d’où il vient.

C’est ce que fait le simulateur ci-dessus. Voici ce qu’il calcule, et ce qu’il ne calcule pas.

D’où viennent ces prix ?

D’une seule source, la seule qui existe publiquement en France : l’étude de prix publiée par l’ADEME en 2019, construite sur des chantiers renseignés en 2017 et 2018 auprès du réseau de conseil public. Pour chaque geste, elle donne un prix médian et deux quartiles, ce qui signifie que la moitié des chantiers se situent dans la fourchette annoncée.

Ces montants sont exprimés hors taxes, fourniture et pose comprises. Ils n’incluent pas les travaux induits, que l’étude chiffre séparément. Ils ont plusieurs années, et le coût de la main d’oeuvre comme celui des matériaux ont sensiblement augmenté depuis. Prenez-les pour ce qu’ils sont : un repère, pas un devis.

Pourquoi l’isolation par l’extérieur coûte-t-elle quatre fois plus cher ?

Parce que ce n’est pas le matériau qui coûte, c’est l’accès. Souffler de la laine sur le plancher de combles perdus demande un opérateur, une machine et deux heures. Habiller une façade demande un échafaudage, une dépose des descentes d’eau, un traitement des tableaux de fenêtre, un enduit de finition et plusieurs semaines.

Le chiffre le plus parlant de l’étude est celui-là : sur une isolation par l’extérieur, la part de main d’oeuvre atteint 49 % du prix au niveau médian, contre 29 % pour des combles perdus soufflés. Vous ne payez pas de l’isolant, vous payez du travail. C’est aussi pourquoi la dispersion des prix est bien plus large en façade : selon la hauteur du bâtiment et la nécessité d’un échafaudage, le prix varie du simple au triple.

Que sont les travaux induits ?

Ce sont les travaux que l’isolation entraîne sans être elle-même. Rehausser une trappe de combles, déplacer une antenne, reprendre un tableau de fenêtre, refaire une descente d’eau pluviale, repeindre après la pose d’un doublage. Ils s’ajoutent au prix du geste, et ils surprennent systématiquement.

L’ADEME les chiffre pour deux postes seulement. Pour des combles perdus, ils représentent 25 % du prix du geste au niveau médian, et jusqu’à 40 % dans le quart le plus élevé. Pour une isolation par l’extérieur, 10 % au médian. Pour les autres postes, l’étude ne publie rien, et le simulateur n’invente rien : il ne les ajoute pas, et il vous le signale.

Ce que ce simulateur ne sait pas faire

Il ne connaît pas votre maison. Il applique un prix au mètre carré à une surface que vous saisissez, et il additionne. Il ignore l’état de vos murs, la présence d’amiante, la hauteur de votre pignon, le fait que votre rue soit trop étroite pour un camion.

Il ne dit rien non plus de votre étiquette énergétique. Isoler modifie une partie du diagnostic de performance, mais le classement dépend aussi du mode de chauffage, de l’eau chaude, de la ventilation, et le résultat retenu est le plus mauvais des deux calculs, énergie et gaz à effet de serre. Une maison au fioul peut recevoir vingt centimètres de laine partout et conserver son étiquette, plafonnée par son bilan carbone. Nous ne publierons pas de saut de classe estimé sans une méthode de calcul que nous puissions exposer.

Enfin, une précision statistique qui a son importance : la fourchette affichée additionne les bornes basses de chaque poste d’un côté, les bornes hautes de l’autre. La réalité est plus resserrée, car il est très improbable que tous vos postes se retrouvent simultanément dans le quart le plus cher. Lisez la fourchette comme un encadrement large, et la médiane comme la valeur la plus probable.

Avant de demander un devis

Mesurez. Un devis établi sur des surfaces fausses est faux, et l’écart se découvre au moment du solde. Les trois calculateurs du site donnent la surface développée d’une toiture, les mètres carrés de murs ouvertures déduites, et l’épaisseur d’isolant nécessaire pour la performance visée.

Puis comparez la surface retenue sur le devis avec la vôtre. Un écart de dix pour cent s’explique par les conventions de métré. Un écart de quarante pour cent se discute.