Isolation phonique d’un plancher bois : ce qui marche, ce qui ne marche pas

Isolation phonique d’un plancher bois : ce qui marche, ce qui ne marche pas

Un plancher bois ancien transmet tout. Les pas, la chaise qu’on tire, la voix, la télévision. Et la réponse spontanée, remplir le vide entre les solives avec de la laine, ne règle qu’une petite partie du problème, souvent la moins gênante.

Pour comprendre pourquoi, il faut séparer deux bruits qui n’ont rien de commun.

Bruits d’impact ou bruits aériens : lequel vous dérange ?

Le bruit aérien, ce sont les voix et la musique. Il voyage dans l’air, fait vibrer le plancher, et ressort en dessous. Contre lui, la masse et l’absorption dans la cavité fonctionnent : de la laine entre les solives, une couche de plâtre supplémentaire au plafond, et le gain est net.

Le bruit d’impact, ce sont les pas et les chocs. Il naît directement dans le bois, se propage dans la structure, contourne allègrement la laine et ressort partout, y compris par les murs auxquels les solives sont encastrées. Aucune quantité d’isolant fourré dans le vide ne l’arrêtera, parce qu’il n’emprunte jamais ce vide. C’est le malentendu qui fait échouer la plupart des chantiers phoniques amateurs, et c’est le sujet central de la page isolation phonique.

Ce qui arrête vraiment les bruits d’impact

Coupe d'un plancher bois traité contre les bruits d'impact et les bruits aériens Parquet Sous-couche résiliente elle coupe les bruits d'impact Panneaux lourds Laine entre solives elle absorbe les bruits aériens Suspentes antivibratiles Plafond du dessous ÉTAGE PIÈCE DU DESSOUS Deux bruits, deux réponses. Les pas naissent dans la structure : seule la désolidarisation les arrête. Les voix voyagent dans l'air : la masse et l'absorption les freinent.
Les bruits d'impact naissent dans la structure : seule la désolidarisation les arrête.

Il faut interrompre le chemin solide. Concrètement, on désolidarise le sol de sa structure en glissant une sous-couche résiliente entre les deux : un matériau souple, fibre de bois dense, liège, mousse technique, qui absorbe l’énergie du choc avant qu’elle n’entre dans le plancher.

La sous-couche se pose sous le parquet flottant, ou sous une chape sèche faite de panneaux lourds posés sur le résilient. Cette seconde solution, plus efficace, ajoute de la masse par-dessus l’amortisseur, ce qui traite les deux bruits d’un coup. Elle relève le niveau du sol de deux à quatre centimètres, hauteur à retrouver aux portes et aux plinthes. Le principe est le même que pour les cloisons désolidarisées : deux masses, un ressort entre les deux.

Alors, la laine entre solives ne sert à rien ?

Elle sert, mais pas à ce qu’on croit. Elle absorbe l’énergie dans la cavité et améliore réellement les bruits aériens, de façon sensible. Ce qu’elle ne fait pas, c’est arrêter le bruit des pas. Posée seule, elle donne le sentiment décevant d’avoir travaillé pour rien, parce que le bruit qui gênait est toujours là.

Choisissez-la dense plutôt qu’épaisse, et ne la comprimez pas : elle doit remplir le vide sans être écrasée contre le plancher. Une laine tassée transmet les vibrations d’une face à l’autre et devient un pont acoustique, exactement ce qu’on voulait éviter. Laissez-lui un ou deux centimètres de jeu sous le plancher si la hauteur des solives le permet.

Les transmissions latérales, ce que personne ne traite

Les solives sont encastrées dans les murs. Le bruit d’impact monte dans le bois, entre dans la maçonnerie, redescend le long du mur et ressort dans la pièce du dessous, en contournant intégralement votre plafond isolé. C’est ce qu’on appelle une transmission latérale, et elle explique les résultats décevants de chantiers pourtant bien menés.

La traiter suppose de désolidariser le plafond du dessous de la structure, avec des suspentes antivibratiles plutôt que des fixations rigides, et de laisser un joint souple en périphérie plutôt que de visser la plaque contre le mur. Ce dernier détail, un cordon de mastic acoustique en place d’une vis, change davantage le résultat que dix centimètres de laine supplémentaires. Personnellement, je le considère comme le meilleur rapport entre l’effort et le gain de tout le chantier.