Isolation entre chevrons : pourquoi une seule couche ne suffit jamais
Parmi les techniques d’isolation de toiture, celle-ci paraît la plus évidente : il y a un vide entre les chevrons, on le remplit. C’est vrai, et c’est insuffisant. Le vide fait rarement plus de quatre-vingts millimètres, quand la performance visée en demande deux à trois fois plus. Et le bois qui borde ce vide conduit la chaleur bien mieux que l’isolant qu’on glisse entre ses montants.
La solution tient en deux couches, mais l’ordre et les détails décident du résultat.
Combien d’épaisseur passe réellement entre les chevrons ?
Mesurez la hauteur de vos chevrons avant tout. En rénovation, on rencontre couramment des sections de 60 à 80 millimètres, parfois moins sur les charpentes anciennes. Vous ne logerez jamais davantage entre eux, sauf à visser des tasseaux le long de chaque chevron pour gagner quelques centimètres, ce qui déplace le problème sans le résoudre.
La première couche remplit donc cette épaisseur, sans la comprimer. Un isolant tassé perd une part importante de sa résistance, puisque c’est l’air immobile qu’il contient qui isole. Il faut le poser légèrement serré entre les bois, pour qu’il tienne sans être écrasé, et sans laisser le moindre jour sur les côtés.
Pourquoi la seconde couche est-elle croisée ?
Parce que le chevron reste un pont thermique. Le bois conduit la chaleur environ quatre fois mieux qu’une laine minérale, et il traverse l’isolant sur toute son épaisseur, tous les quarante à soixante centimètres. Une isolation posée uniquement entre les chevrons est donc percée de barreaux conducteurs sur toute sa surface.
La seconde couche, posée perpendiculairement sous les chevrons, recouvre ce réseau. Elle apporte l’épaisseur manquante et supprime les ponts en même temps. C’est elle qui fait la performance réelle, et c’est elle qu’on sacrifie lorsque la hauteur sous plafond manque. Le calculateur d’épaisseur donne le total à atteindre : la résistance des deux couches s’additionne simplement, à condition qu’elles soient en contact franc.
Faut-il une lame d’air sous l’écran de sous-toiture ?
Cela dépend de ce qu’il y a au-dessus. Si votre toiture possède un écran de sous-toiture respirant, dit HPV, l’isolant peut venir au contact. Si l’écran est ancien et non respirant, ou s’il n’y en a pas du tout, il faut ménager une lame d’air ventilée d’environ deux centimètres entre l’isolant et le support, afin d’évacuer la vapeur qui traverse la paroi.
Cette lame doit être ventilée en bas et en haut, sinon elle ne sert à rien : de l’air immobile enfermé ne sèche rien, il condense. Et elle mange sur l’épaisseur disponible entre chevrons, ce qui rend la seconde couche d’autant plus indispensable. C’est pour cette raison que la question de l’écran se règle avant d’acheter l’isolant, jamais après.
Et le pare-vapeur ?
Il se pose côté chaud, donc sous la seconde couche, du côté de la pièce. Sa fonction est d’empêcher la vapeur d’eau produite à l’intérieur d’entrer dans l’isolant et d’y condenser au contact des parties froides. Il doit être continu : les lés se recouvrent et se scotchent, les traversées de gaines et de spots se traitent une par une.
Un pare-vapeur percé de vingt spots encastrés ne remplit plus aucun rôle. Beaucoup de rampants dégradés en dix ans le doivent à cela plutôt qu’à un mauvais isolant. Si vous prévoyez de l’éclairage encastré, réservez le volume nécessaire sous le pare-vapeur avec une contre-latte, et laissez la membrane intacte. Le reste des techniques de toiture est détaillé sur la page isoler la toiture et les combles, et pour les surfaces à commander, passez par le calculateur de surface de toiture.
