Isoler ses murs : par l’intérieur, par l’extérieur ou par injection ?

Les murs viennent en deuxième position dans les déperditions d’une maison individuelle, derrière la toiture. Trois techniques se partagent le terrain, et le choix se joue rarement sur la performance : il se joue sur le prix, sur la surface habitable et sur ce que vous pouvez faire de votre façade.

Reprenons chaque cas.

Ce qui change vraiment entre l’intérieur et l’extérieur

Comparaison de l'isolation par l'intérieur et par l'extérieur au droit d'un plancher Par l'intérieur Par l'extérieur plancher L'isolant est coupé : la chaleur file par la dalle, vers l'extérieur. plancher L'isolant est continu : le plancher reste du côté chaud.
Au droit d'un plancher, l'isolation par l'intérieur est interrompue. Par l'extérieur, elle est continue.

Isoler par l’extérieur enveloppe le bâtiment d’un manteau continu. Les planchers, les refends et les angles ne traversent plus l’isolant, donc les ponts thermiques disparaissent presque tous. Les murs restent du côté chaud, ils emmagasinent la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été, et vous ne perdez pas un centimètre de surface habitable. C’est techniquement la meilleure solution, et personne ne le conteste.

Isoler par l’intérieur coûte trois fois moins cher. Le prix médian relevé par l’ADEME s’établit à 55 euros du mètre carré contre 148 pour l’isolation thermique par l’extérieur. En contrepartie, vous perdez de la surface, vous coupez le mur de l’ambiance intérieure, et chaque plancher qui traverse l’isolant crée un pont thermique que rien ne rattrape. Vous devez aussi déposer les radiateurs, les prises, les plinthes, refaire les tableaux de fenêtre.

Prix médians relevés par l’ADEME, Rénovation énergétique des logements : étude des prix (2019), sur des données 2017-2018. Montants hors taxes, fourniture et pose comprises, hors travaux induits. Ces valeurs ont plusieurs années : elles situent des ordres de grandeur, elles ne remplacent pas un devis.

Combien de centimètres perdez-vous à l’intérieur ?

Plus que vous ne le pensez. Pour atteindre une résistance thermique correcte avec une laine courante, comptez entre 120 et 160 millimètres d’isolant, auxquels s’ajoutent l’ossature et la plaque de plâtre. Sur les quatre murs d’une chambre de neuf mètres carrés, l’addition retire facilement un mètre carré au sol.

C’est la raison pour laquelle les isolants minces et les panneaux à très bas lambda gardent une clientèle : ils promettent la même performance sous une moindre épaisseur. La promesse est vraie pour le polyuréthane, dont le lambda descend vers 0,025, ce qui économise environ un tiers d’épaisseur. Elle est fausse pour les complexes réfléchissants de quelques millimètres, dont les performances annoncées ne se retrouvent jamais dans les essais normalisés.

Quand l’injection dans la lame d’air a-t-elle un sens ?

Si votre maison possède un mur double avec une lame d’air, ce qui est courant dans la construction en briques ou en parpaings creux d’après-guerre, on peut remplir ce vide en perçant la façade et en insufflant des billes ou une mousse. L’opération se fait en une journée, sans toucher à l’intérieur ni à l’extérieur, et sans perdre de surface.

Elle ne convient pas à tous les murs. Un mur plein, un mur en pierre, un mur dont la lame d’air ventile un bardage ne s’injectent pas. Et une lame d’air remplie par un produit qui se tasse ou qui absorbe l’eau devient un problème durable, invisible et coûteux à reprendre. C’est une technique excellente dans son domaine, désastreuse hors de lui.

Avant de chiffrer quoi que ce soit, mesurez. Le calculateur de surface de murs déduit les portes et les fenêtres, et gère les pignons. Pour convertir une performance en épaisseur, passez par le rappel sur la résistance thermique.